Puissent
la grâce, la bénédiction et la paix de Dieu être
accordées à votre chère personne.
Il existe
en l 'homme plusieurs facultés, mais il en est une essentielle
qui régit toutes les autres et préside à leur fonctionnement
harmonieux.
Pour
prendre un exemple, pensez au corps humain qui contient de nombreuses
glandes, chacune dotée d'une fonction particulière.
Il en
est une parmi elles qui contrôle et dirige toutes les autres,
assurant leur harmonieux fonctionnement.
C'est
la pituitaire, également nommée " glande maîtresse
" par les médecins.
Le don
qui, en l 'homme, contrôle tous les autres dons, a pour nom le
discernement.
Si ce
don est authentique, et s'il fonctionne correctement, ayant pour fondement
la connaissance, la compréhension et un juste enseignement, l
'homme se percevra en harmonie avec le monde et avec tous les êtres.
Il s'éprouvera
heureux, malgré l'existence de l'adversité et d'obstacles
en tous genres.
Il verra
un monde harmonieux - où règnent ordre, équilibre
et beauté - en dépit de la souffrance, de l'affliction,
de la maladie, de la pauvreté et de diverses calamités
qu'il porte en son sein.
Ce qui
importe, c'est la très nette prédominance de toutes les
choses positives qui contrebalancent les faiblesses du monde.
Avec
le discernement l 'homme verra en Dieu splendeur et beauté, ainsi
que sagesse, bienveillance et bonté.
Lorsque
le don du discernement faiblit en l'homme, plus rien n'est bon à
ses yeux, pas même Dieu.
Vous
pouvez rencontrer au coeur de l'Afrique un homme opprimé, affamé,
dénudé, et qui reste joyeux même face à la
mort et ne cesse de louer Dieu, car il se satisfait de la situation
telle qu'elle est
Par
contre vous pouvez rencontrer un riche philosophe qui jouit d'une situation
opulente en Europe et qui néanmoins se pendra par ennui de vivre.
Par
conséquent, la source de la souffrance humaine n'est ni le monde
ni Dieu.
C'est
plutôt l'homme lui-même qui est à l'origine de sa
propre misère et de celle de ses semblables, et qui est une cause
de honte pour Dieu Lui-même.
A mon
avis, l'Afrique centrale et les contrées plus au sud s'en sortent
mieux que l'Europe centrale et les contrées plus au nord, si
l'on considère la situation de ces régions en regard de
l'âme et de Dieu.
Car
si n'avoir point de pain n'est pas une honte pour l'homme, sa véritable
indignité réside dans le manque de chasteté, de
vertu et de sainteté.
Ce n'est
pas une catastrophe que les gens meurent en Afrique par suite de la
sécheresse.
La véritable
catastrophe est celle qui viendra des mains des savants et des hommes
riches et importants des pays civilisés lorsqu'en l'espace de
quelques heures ils feront fondre la destruction sur eux-mêmes,
sur leurs nations, sur leur richesse et leur héritage, avec leurs
épouvantables bombes.
Quant
à la mort des peuples affamés d'Afrique et d'Asie, c'est
à Dieu qu'en incombe la responsabilité, et Il est en mesure
d'y remédier; en revanche, la mort de l'Europe et de l'Amérique
viendra de l'ignorance de I 'homme, de sa haine, de sa folie, de son
égoïsme et de son manque de foi en Dieu.
Les
recherches et les études nous apprennent que le monde a traversé
d'innombrables époques de pluies, d'inondations, de sécheresses
et de famines.
Mais
cela fait partie de l'équation qui maintient l'équilibre
du monde afin de préserver les meilleurs gènes pour le
bien ultime de l'humanité.
Historiquement,
cependant, nous savons de façon certaine que la perversité
de l'homme et ses écarts des normes de la vérité
et de la vertu n'ont jamais pu échapper à un châtiment
global de la main de Dieu, par lequel la race humaine dans son ensemble
supporte les désastres subséquents et en paye le prix.
Le coût
de ces désastres est infiniment, infiniment supérieur
à celui des catastrophes naturelles.
Il faut
noter également que les actions des gouvernements riches ne sauraient
passer inaperçues aux yeux de Dieu, à savoir le fait qu'ils
convertissent tout leur capital en armes de destruction, au lieu d'empêcher
des nations entières de mourir de faim.
Considérant
tout cela, il faut désormais que l'homme comprenne qu'il a été
créé pour vivre heureux et goûter à une vie
meilleure, garantie par Dieu, si seulement il Le loue, s'il Lui rend
grâce et s'il adopte une attitude intérieure de contentement
pour la situation présente, si pauvre soit-elle.
Alors
il recevra de Dieu tout ce dont il a besoin, et bien plus encore; et
Dieu se portera garant de lui.
En d'autres
termes, si l'homme vit en harmonie avec lui-même et avec le monde
qui l'entoure, en accord avec Dieu qui oeuvre et qui exerce Sa volonté
en nous, alors ni la pauvreté, ni la faim, ni l'oppression ne
pourront ravir son sentiment de contentement, de reconnaissance et de
bonheur.
Ainsi,
le bonheur n'est autre chose que le résultat de l'action de grâces
et de l'acceptation du sort que chacun a reçu des mains de Dieu.
Cependant
le mystère du bonheur dépasse la condition présente
de l'homme.
Car
si l'on parvient à rendre quelqu'un heureux (et cela est en notre
pouvoir), en donnant de la joie à son coeur et en le soulageant
de ses soucis et de ses peines, c'est là un bonheur d'une nature
plus raffinée et plus élevée que celui que l'on
peut atteindre en oeuvrant pour soi-même.
Apporter
consolation à autrui est à l'origine l'oeuvre de Dieu
Lui-même.
Et si
un homme entreprend une tâche qui est originairement celle de
Dieu, il lui sera donné de dépasser les limites de son
moi; un dépassement qui est la source et le point de départ
de l'union potentielle de l'homme avec les autres et avec Dieu.
Pour
ce qui est du choix d'une carrière, tout ce qui pourra rendre
les autres et Dieu heureux sera la meilleure solution.
Cependant
l'on ne peut travailler, satisfaire et honorer Dieu à partir
de rien; il nous faut fournir des efforts, nous donner du mal, veiller,
mettre en oeuvre tout ce dont Dieu nous a doté pour réussir
dans les domaines de l'érudition, de la philosophie ou de la
littérature.
Nous
maîtrisons alors ces domaines pour l'amour de Dieu et pour les
autres, afin de devenir une source de bonheur pour eux.
Ici,
il semble que l'homme n'ait pas beaucoup de libre arbitre dans son choix.
Car
celui-ci doit porter sur une seule chose: ce pour quoi Dieu lui a fait
don d'une capacité particulière.
Et quand
bien même il en posséderait plusieurs, il n'a d'autre possibilité
que de choisir la plus éminente, afin d'être en conformité
avec la volonté de Dieu et avec Son choix préalable.
Je ne
dois pas ici négliger de faire remarquer que l 'homme passe par
différentes étapes, chacune comportant ses propres droits
et obligations.
Le droit
de l' enfance est qu'on en prenne soin, et son obligation est l'obéissance;
le droit de la jeunesse est de recevoir en partage, et son obligation
est d'étudier ; le droit de l'âge d'homme est la liberté,
et son obligation est le sacrifice.
Par
conséquent, si un jeune homme demande la liberté, il manque
à son devoir qui est l'éducation, et à son âge
d'homme se retrouve sans ressources.
Je dis
cela afin que les jeunes gens ne se préoccupent pas de la destinée
du monde et de ses peuples, négligeant par là leur devoir
qui est d'étudier.
En fait,
les jeunes gens peuvent devenir (et c'est d'ailleurs le cas) la principale
cause de la faillite de leur génération, et donc, du monde
entier; car ils ne se sont pas préparés à affronter
le rude avenir de leur monde, tout occupés qu'ils étaient
à rechercher la liberté et d'autres satisfactions.
De même,
si le sentiment de sacrifice s'empare d'un jeune homme alors qu'il est
encore dans l'obligation d'étudier, les rênes du temps
lui glisseront inévitablement des mains; des heures seront perdues
et des jours balayés, passés à penser à
des questions hors de propos.
Car
le sacrifice, le don de soi et la rédemption sont des obligations
qui ne devraient commencer que lorsque l'éducation a atteint
son plein développement sur les plans de la science, de la littérature,
de la finance et de l'art.
Il est
légitime que ces nobles sentiments adviennent à de nobles
jeunes gens - à savoir l'élan impétueux du don
de soi, de la rédemption et du sacrifice du sang.
Mais
de tels sentiments sont alors prématurés; il faut les
honorer et les respecter, mais en les laissant de côté
jusqu'à ce que leur heure soit venue, c'est-à-dire jusqu'au
moment où l'on est en mesure de parler, d'agir, de penser et
d'accomplir.
Sinon,
le temps se perd en simples paroles et en idées, mais sans que
rien ne soit accompli.
Malheureusement,
les gouvernements ont exploité le zèle des jeunes gens
attirés par le sacrifice de soi, s'emparant d'eux sans qu'ils
aient achevé leurs études et les jetant dans des guerres
pour racheter les autres.
Telle
fut la grande catastrophe de l'Europe, à savoir la perte d'une
jeune génération, enthousiaste et éclairée.
C'est
pourquoi, dans l'après-guerre, les gouvernements se sont trouvés
engagés dans un déficit qu'ils ne purent pas et ne pourront
jamais combler, même en cent ans: la perte de la partie la plus
vitale et la plus précieuse de leur peuple.
Ainsi
l'Europe, et plus particulièrement l'Allemagne, est-elle restée
et restera-telle toujours affectée par ces conséquences
de la guerre, bien plus que par les calamités de la guerre elle-même.
Telle
est la loi précise de la nature, que Dieu a assignée à
la nature de l'homme, de sorte que le monde s'améliore.
Mais
les nations ont toujours tenté d'en abuser et l'humanité
tout entière l'a chèrement payé.
Pour
terminer, je vous envoie mon amour en Christ .